Examens relatifs à l’infécondité

Dans cette partie du site, nous brossons le large tableau de la procréation

  • Comment une femme tombe-t-elle enceinte dans un cycle de procréation naturel?
  • Qu’entend-on par fertilité diminuée exactement? 
  • Quels examens pouvons-nous réaliser au CRG pour en rechercher les causes éventuelles?
            

Examens chez l'homme

Au cours de vote première consultation au CRG, le médecin déterminera sur base d’un questionnaire les examens qui sont nécessaires dans votre cas.

Que pouvez-vous faire pour que cette consultation soit la plus efficace possible ?
  • Téléchargez le questionnaire et ramenez-le complété (pour les couples, il y a aussi bien un questionnaire pour la femme qu’un pour l’homme) ; et
  • Apportez également les résultats des examens que vous avez éventuellement déjà réalisés.

Quelles informations allez-vous trouver ici ?
  • Dans l’aperçu : une énumération de tous les examens que peut réaliser (ou faire réaliser) le CRG dans le cadre de votre traitement de fécondité;
  • Dans "Rechercher la cause", vous trouverez plus d’explications sur le pourquoi des examens;
  • Dans les pages qui suivent, vous trouverez des explications sur chaque examen spécifique.

Examens courants
Anamnese (antécédents médicaux)
consultation
Examen physique consultation
Analyse séminale de routine
échantillon de sperme | au labo
Profil hormonal bloedprik | in labo
Tests sur base d’indications spécifiques
Marqueurs biochimiques de sperme (fructose et alpha-glucosidase)
échantillon de sperme | au labo
Test hypoosmotique (test HOS) échantillon de sperme | au labo
Mixed anti-globulin réaction test (MAR-test) échantillon de sperme | au labo
Tray-agglutination-test (TAT) prise de sang | au labo
Test cytogénétique prise de sang | au labo
Test de microdélétion prise de sang | au labo
Test de mutation du gène CFTR (gène de la mucoviscidose) prise de sang | au labo
Echographie transrectale (TRUS) - en urologie imagerie | ambulatoire
Echographie scrotale - en urologie imagerie | ambulatoire
Biopsie testiculaire hospitalisation de jour
Aspiration testiculaire ambulatoire ou hospitalisation de jour
Tests dans le cadre de recherches
Test de survie des spermatozoïdes
échantillon de sperme | au labo
Analyse FISH des spermatozoïdes échantillon de sperme | au labo
Microscopie par électrons échantillon de sperme | au labo

Examen sanguin

Tout traitement de fécondité est précédé – chez l’homme également – d’une analyse sanguine préliminaire (voir ‘Aspects pratiques’) pour :
  • réaliser un bilan hormonal détaillé;
  • contrôler le nombre et la structure des chromosomes ; et
  • dépister d’éventuels anticorps (examen infectieux) contre notamment l’hépatite B et l’hépatite C, la syphilis, le virus HIV (SIDA) et les spermatozoïdes.

L'infécondité masculine peut avoir différentes origines que l'on peut grosso modo répartir en quatre groupes:

Causes prétesticulaires

Cela signifie que des perturbations sont constatées dans la production hormonale induite par le cerveau ou dans le fonctionnement de la glande surrénale qui joue aussi un rôle hormonal.
Le syndrome de Kallman est un exemple de dérèglement hormonal: certaines structures manquent dans l'hypothalamus et il n'y a donc pas de production de GnRH. Les hommes présentant ce syndrome n'ont pas non plus d'odorat

Causes testiculaires

Le problème se situe au niveau du testicule, où les spermatozoïdes sont produits.
La perturbation peut être apparue – en raison de certains facteurs génétiques ou non - lors du développement des testicules ou plus tard. C'est ce que nous appelons des anomalies 'acquises' (ex. les varices).

Causes post-testiculaires: ‘après’ le testicule

Ces problèmes peuvent :
  • être 'organiques' : par ex. obstructions dans l'épididyme ou dans le trajet des canaux déférents et être déterminés génétiquement ou non. 
  • Mais les problèmes peuvent aussi être 'fonctionnels'. L'impuissance en est un exemple.

Autres causes

Infectieuses ou immunologiques par ex. A titre d'exemple de ces dernières, citons l'homme qui produit des anticorps contre ses propres spermatozoïdes. Pour les premières, voir aussi MST et infécondité.


(In)fécond?
Normozoospermie
Azoospermie
L'homme a un problème de fécondité marqué quand il est question de cinq millions ou moins de spermatozoïdes par millilitre. Voir la qualité du sperme.
Un éjaculat de 2 millilitres au moins, avec min. 20 millions de spermatozoïdes par ml ou un total de 40 millions de spermatozoïdes dont plus de 50% sont suffisamment mobiles et plus de 30% ont une forme normale.
Absence de spermatozoïdes dans l'éjaculat.

Avant de débuter votre traitement, vous viendrez en consultation au CRG chez un gynécologue spécialisé en PMA. La consultation consiste en une anamnèse et éventuellement un examen physique et gynécologique.

Préparation à la consultation

Pour que votre première consultation au CRG se déroule de manière efficace, nous vous demandons :
  • de remplir au préalable un questionnaire approfondi. Vous pouvez le télécharger ici.
  • si vous avez déjà consulté plusieurs spécialistes (par exemple un urologue), d’apporter votre dossier médical; et
  • de vous munir certainement de tous les résultats des examens que vous avez déjà effectués.
Si vous préférez ne pas le faire vous-même, vous pouvez demander au médecin du CRG qu’il fasse lui-même la demande pour obtenir votre dossier médical. 

 

L’anamnèse

Cet entretien médical vise à réunir toutes les informations pertinentes sur vos antécédents médicaux ainsi que sur votre condition physique et votre état de santé actuels.
De nombreuses questions que le médecin vous posera concernent des choses intimes. Cela dit, nous avons besoin de ces informations pour trouver la raison de votre infécondité (peut-être apparente).
Voici quelques informations que le médecin souhaitera connaître par rapport à vous deux:
  • si l'un de vous deux a déjà un enfant né d'une précédente relation;
  • depuis combien de temps vous essayez (actuellement) d'avoir un enfant;
  • l'âge de la femme;
  • si vous avez régulièrement des relations avec pénétration et éjaculation (coït);
  • quelle est la fréquence du coït; à quels moments du cycle;
  • quels sont les problèmes éventuels à ce propos;
  • quels moyens contraceptifs vous avez utilisés et quelles sont vos expériences avec ceux-ci;
  • quelles interventions vous avez déjà subies;
  • quelles sont vos habitudes alimentaires, vos habitudes de boisson et vos habitudes de vie. Fumer par exemple réduit considérablement la fécondité;
  • les antécédents médicaux de votre famille. Ces questions permettent de détecter d'éventuelles maladies héréditaires. 
Lors de votre première consultations au CRG, le médecin traitant tente via une ‘anamnèse’ d’avoir une vue d’ensemble complète de votre état physique, de votre état de santé général et de vos antécédents médicaux. Si vous n’en avez pas encore réalisé chez un autre médecin, le médecin effectuera en suite un examen clinique.

L’examen clinique     

L'examen clinique, s'il n'a pas déjà été réalisé par un autre médecin, peut suivre l’anamnèse.
Chez un homme, cela revient entre autres à:

  • regarder si le pénis est normal, 
  • si les deux testicules sont descendus, s'ils sont de taille normale et s'ils ne sont pas gonflés;
  • examiner la forme de vos organes génitaux;
  • sentir la présence ainsi que le gonflement éventuel des canaux déférents;
  • vérifier la présence (complète) de l'épididyme, ainsi que
  • la présence d'indurations ou de kystes.

Si besoin en est, l'examen physique peut être complété par un examen rectal de la prostate mais cela est plutôt rare.


Examen séminale de routine
Autres

Les examens du sperme sont destinés à déterminer votre production de sperme ainsi que sa qualité. Réalisés au laboratoire d'andrologie, ils se basent tous sur l'analyse d'un échantillon de sperme.

L'échantillon de sperme peut être produit sur place (dans un isoloir du CRG) ou à domicile (voir ‘Aspects pratiques’). Dans ce cas, il est crucial pour la fiabilité des résultats du test que vous apportiez l'échantillon dans l'heure au laboratoire et que vous le conserviez entre-temps à température corporelle. Il est également important que vous récoltiez tout l'éjaculat. Si ce n'est pas le cas, précisez-le.
Le médecin du CRG discutera des résultats des tests avec vous durant la consultation.

Examen séminal de routine 

Cet examen séminal fait partie de la 'routine', c.-à-d. qu'il est réalisé pour tout homme en consultation au CRG pour un problème de fécondité.
L'examen se déroule selon la stricte méthodologie de l'OMS, avec des normes pour recueillir l'éjaculation, pour le livrer au laboratoire et pour la procédure laboratoire qui s'en suit.
Voir aussi la qualité du sperme pour les paramètres auxquels l'échantillon doit satisfaire pour être considéré comme normalement fécondable selon les normes de l'OMS.

Que révèle l'analyse séminale de routine?
  • Le nombre de spermatozoïdes dans l'éjaculat (la concentration).
  • Une analyse de la mobilité des spermatozoïdes.
    Ces deux analyses se font dans la chambre de comptage.
  • Un frottis permet d'évaluer la morphologie des spermatozoïdes.
  • La vitalité des spermatozoïdes est également vérifiée: quel est le pourcentage de spermatozoïdes vivants dans l'échantillon? Les spermatozoïdes immobiles ne sont pas nécessairement morts.
  • De plus, le volume de l'éjaculat est important: il faut au minimum deux millilitres.
  • Le taux d'acidité (pH) de l'échantillon est également mesuré et la consistance (viscosité) est évaluée.
  • Le nombre de globules blancs est déterminé (test de la peroxydase): une présence trop marquée peut indiquer une infection. Dans ce dernier cas, le sperme est placé en culture afin de détecter l'infection et d'éventuellement prescrire un médicament afin d'y remédier. 

Autres tests 

Marqueurs biochimiques de sperme (fructose et alpha-glucosidase) 

Ce test est utilisé en cas d'azoospermie afin de comprendre pourquoi le liquide séminal ne comporte pas de spermatozoïdes. Cela ne signifie pas toujours qu'ils ne sont pas produits ou qu'ils ne mûrissent pas; ils peuvent être bloqués en chemin: soit au niveau des vésicules séminales et de la prostate, où le liquide est produit; soit en chemin, dans l'épididyme ou les canaux déférents.
Le test se base sur le principe que le sperme contient ou reçoit des nutriments biochimiques: de l'alpha-glucosidase à partir de l'épididyme, du fructose lors du passage dans les vésicules séminales. En mesurant le taux de chaque substance dans le liquide séminal, le laboratoire peut aider à déterminer l'emplacement d'une éventuelle obstruction

Test de capacitation 

Dans le cadre d'un traitement de fertilité, un test est souvent réalisé lors de l'analyse du sperme afin de voir dans quelle mesure il est possible d'isoler les spermatozoïdes avec la meilleure mobilité.

Microscopie électronique 

Il arrive qu'un examen doive se faire à l'aide d'un microscope électronique pour pouvoir diagnostiquer avec précision un phénomène déterminé. C'est par exemple le cas lorsqu'un échantillon de sperme contient des spermatozoïdes vivants mais tous immobiles. Cela peut par exemple indiquer la présence du syndrome (très rare) de Kartagener qui immobilise les flagelles des spermatozoïdes. Seul un microscope électronique peut permettre de voir les structures infiniment petites qui garantissent la mobilité.

Analyse FISH sur spermatozoïdes 

Ce test spécialisé, appelé FISH (soit l'abréviation anglaise d'hybridation fluorescente in situ), permet de réaliser une analyse chromosomique limitée des spermatozoïdes: trois chromosomes sont, à titre d'échantillon, soumis à une analyse minutieuse. Le test est toutefois exclusivement réalisé dans le cadre de la recherche et sur la base d'indications spécifiques comme la succession d'embryons anormaux obtenus par FIV chez un couple.

Test hypo-osmotique (test HOS) 

Le test HOS est un test de vitalité spécialisé qui doit déterminer si les spermatozoïdes immobiles d'un éjaculat sont des spermatozoïdes morts. Il est réalisé si le liquide séminal comprend de nombreux spermatozoïdes immobiles, en général uniquement à des fins de recherche, parfois aussi sur la base d'indications cliniques. Placés dans une préparation pauvre en molécules, les spermatozoïdes vont gonfler et dégonfler. En colorant cette préparation avec de l'éosine (un désinfectant rouge), vous voyez les spermatozoïdes qui absorbent le liquide et ceux qui le rejettent (qui ne deviennent pas rouges). Ces derniers sont les spermatozoïdes vitaux, vivants.

Test de survie des spermatozoïdes 

Ce test - uniquement réalisé à des fins de recherche - complète l'analyse de vitalité de l'examen séminal de routine. Les spermatozoïdes sont placés dans un liquide pour évaluer combien de temps ils restent en vie.

Test MAR 
Des spermatozoïdes avec des anticorps s'agglutinent à des particules de latex.
Le Mixed Anti-globulin Reaction Test fait en principe partie de l'analyse séminale de routine bien qu'il ne soit pas toujours repris dans la routine. Il permet de voir si l'homme ne produit pas d'anticorps contre ses propres spermatozoïdes (voir bilan immunologique).
Chaque bilan hormonal est un examen sanguin. Vous devez donc faire une prise de sang (voir ‘Aspects pratiques’).
Inversement: l'examen sanguin n'est pas exclusivement réservé à l'analyse hormonale: l'échantillon de sang est parfois utilisé pour des tests immunologiques ou génétiques.

Profil hormonal

L'examen standard réalisé lors de votre première consultation au CRG permettra d'établir votre profil hormonal, pour autant que cela n'ait pas déjà été fait auparavant.
Ce test de base tente d'évaluer la production de sperme à hauteur du testicule.
Plus précisément, c’est la teneur en hormone FSH - qui sert de baromètre pour le fonctionnement des testicules – qui est mesurée :
  • Un taux de FSH élevé s'accompagne souvent d'un mauvais fonctionnement: les organes génitaux reçoivent en effet de l'hypophyse le signal que leur production d'hormone masculine (la testostérone) est correcte. 
  • Un taux de FSH extrêmement bas est tout aussi mauvais car le signal pour le démarrage de la production est alors trop faible.
Dans certains cas, le taux de prolactine est aussi évalué: cette 'hormone du stress' peut provoquer des troubles de l'érection.

Génétique de base
Indications
Types de test

Les examens génétiques sont réalisés à partir de sang ou de sperme: pour la plupart des tests, vous devez fournir un échantillon de sang (voir ‘Aspects pratiques’) et dans un cas un échantillon de sperme (voir ‘Aspects pratiques’).
L'échantillon de sang ou de sperme est envoyé pour analyse au laboratoire du CMG (Centrum voor Medische Genetica ou Centre de Médecine Génétique) de l'UZ Brussel. Le CMG transmet les résultats des tests au CRG où ils sont examinés avec vous lors de la consultation avec le médecin.

Génétique de base 

Important à savoir

Nos cellules reproductrices se comportent différemment des autres cellules de notre corps:

  • ces dernières naissent d'une 'simple' division cellulaire ou mitose, tandis que
  • les premières subissent une division réductionnelle complexe par laquelle elles ne gardent que la moitié des chromosomes des cellules corporelles.
    Les éventuelles erreurs de division ne peuvent donc être retrouvées que dans les cellules reproductrices.

 


Chaque personne est constituée de différents tissus formant les organes et composés à leur tour de différentes cellules. Chaque cellule d'un tissu a une fonction spécifique. Pour fonctionner correctement, chaque cellule emporte une série de manuels d'instruction. Ces 'livres de recettes' sont les chromosomes et les 'recettes' qu'ils contiennent des gènes. Les chromosomes, constitués d'ADN, sont donc les porteurs de notre patrimoine génétique.
La plupart des gens en bonne santé ont 46 chromosomes, à savoir 23 paires. Il y a 22 paires de chromosomes simples et une paire de chromosomes sexuels. Les paires simples sont rangées par ordre de grandeur et numérotées de 1 à 22. La 23ème paire, les chromosomes sexuels, est XX chez la femme et XY chez l'homme.

Indications 

Auparavant, le bilan génétique était repris dans l'analyse sanguine des patients. L'expérience a toutefois démontré que cela avait peu de sens. Les tests génétiques ne sont donc plus réalisés que lorsque la famille présente des anomalies héréditaires ou dans des cas spécifiques:
  • Chez l'homme, un nombre trop restreint de spermatozoïdes dans l'éjaculat peut être le motif d'un bilan génétique. Si vous avez moins de cinq millions de spermatozoïdes par millilitre, un problème génétique en est, dans 5 % des cas (1 sur 20), à l'origine;
  • Vous passez aussi un examen génétique lorsque vous désirez être donneur de sperme. Quel que soit le cas, votre caryotype est déterminé;
  • Pour les couples, les situations suivantes entraînent un bilan génétique des deux partenaires:

Types de test 

Nous distinguons deux types de tests génétiques: les cytogénétiques (basés sur les chromosomes en tant que tels) et les moléculaires (basés sur l'ADN dont les chromosomes sont composés).

Tests cytogénétiques 

Pour un test cytogénétique, les globules blancs (lymphocytes) sont placés dans un milieu de culture liquide. Au cours d'une phase déterminée de la division cellulaire – d'où le nom cytogénétique – les lymphocytes condensent leurs supports génétiques en structures visualisables, les chromosomes: à ce moment, nous pouvons voir combien de chromosomes il y a, lesquels et s'ils ont l'air normaux.

Etablissement du caryotype

Ce caryotype indique un échange (translocation) d'informations génétiques entre les chromosomes 1 et 10.
Le test cytogénétique permet d'établir votre caryotype. Le caryotype signifie littéralement 'le caractère des chromosomes': le nombre, la longueur et le contenu génétique. La composition de votre carte d'identité génétique donc.
  • Le test est réalisé chez les hommes produisant considérablement peu de spermatozoïdes (moins de cinq millions par millilitre d'éjaculat) afin d'en détecter l'éventuelle raison. Le syndrome de Klinefelter est un exemple d'une telle anomalie génétique.
  • Il s'agit en outre d'un test standard pour les hommes désirant être donneurs de sperme. L'analyse sanguine permet non seulement de déterminer le groupe sanguin et le facteur rhésus mais également les caractéristiques somatiques: la couleur de la peau, des cheveux et des yeux, la stature, ...
En cas d'utilisation de sperme de donneur, on veille en effet autant que possible à ce que le donneur corresponde au couple receveur (groupe sanguin et apparence).

Analyse FISH
Comme dit précédemment, nos cellules reproductrices se comportent différemment des autres cellules de notre corps. Lors de la division réductionnelle qu'elles subissent, des erreurs spécifiques peuvent apparaître.
Un test spécial a donc été développé – FISH est l'abréviation anglaise d'hybridation fluorescente in situ – pour réaliser une analyse chromosomique limitée des spermatozoïdes: trois chromosomes sont examinés à titre d'échantillon. Le test est rarement réalisé, uniquement dans le cadre de recherches et sur la base d'indications spécifiques comme la succession d'embryons anormaux obtenus par FIV chez un couple.

Examen ADN 

Les tests moléculaires cherchent à un niveau plus profond, dans la structure ADN des chromosomes, les chromosomes présentant une mutation ou une délétion génétique. La question ici est donc: où est l'erreur dans la recette ou bien où manque-t-il un morceau d'information? Ce type d'examen est uniquement possible pour un nombre limité de chromosomes et de gènes.

Gène CFTR (gène de la mucoviscidose)

Un Belge sur vingt est porteur de la mucoviscidose ou du gène CFTR (Cystic Fibrosis Transmembrane Regulator). Si les deux partenaires sont porteurs, le bébé a 25% de risques de développer la mucoviscidose (fibrose kystique), une maladie pulmonaire grave provoquant une hypersécrétion de mucus.
Ce test ADN est effectué chez les hommes dont un membre de la famille souffre de la mucoviscidose et chez les hommes qui présentent une azoospermie due à une absence congénitale des canaux déférents. 80% d'entre eux sont en effet porteurs du gène de la mucoviscidose.

Test de microdélétion Yq

Ce test ADN sert aussi à déterminer si la production trop réduite de spermatozoïdes (moins de cinq millions de millilitre de sperme) est due à une erreur génétique.
Le chromosome Y comprend deux types de recettes: celle qui code pour les caractères masculins et celle qui code pour la production de sperme (sur le bras q du chromosome). Chez 5% des hommes qui produisent très peu de spermatozoïdes, il manque une ou plusieurs recettes sur le bras q du chromosome Y (d'où le nom du test). Si un homme présentant ce problème a un fils, ce fils héritera du problème.

Dépistage des maladies infectieuses

Conformément à la loi belge sur les banques de tissu, le dépistage de l’hépatite B et C, du HIV et de la syphilis doit être répété tous les trois mois.
Pour tout patient qui cède du matériel corporel (reproductif) (ovocytes, spermatozoïdes, embryon), nous devons connaître les résultats les plus récents des examens infectieux avant de débuter tout traitement.


Test sanguin de routine
Anticorps contre les spermatozoïdes

Le bilan immunologique de l'homme repose soit sur une prise de sang (voir ‘Aspects pratiques’) soit sur un échantillon de sperme (voir ‘Aspects pratiques’).

Test sanguin de routine 

Une prise de sang sera effectuée dans le cadre de votre première consultation au CRG ou en tout cas avant tout traitement de fécondité. Il en va de même si vous désirez devenir donneur de sperme par exemple.
Cet échantillon de sang sert entre autres à détecter une éventuelle infection. La présence d'anticorps contre le virus du sida (HIV), l'hépatite B et C ainsi que la syphilis est recherchée. La présence d'anticorps indique soit que vous êtes infecté ou que vous l'avez été par la maladie en question soit que vous avez été vacciné contre.
Dans certaines indications, on peut également examiner si vous n'êtes pas infecté par le chlamydia, la gonococcie ou une autre maladie sexuellement transmissible (MST). Le chlamydia est le principal risque car il s'agit au Benelux de la MST la plus courante chez les femmes et les hommes âgés entre 15 et 35 ans. Les femmes ne remarquent souvent pas qu'elles sont contaminées, les hommes bien: une à trois semaines après la contamination, vous constatez des symptômes tels qu'une douleur ou une sensation de brûlure à la miction et une sécrétion s'écoulant du pénis.
Le chlamydia et la gonococcie se traitent facilement par des antibiotiques lorsque le diagnostic est établi à temps. Toutefois, si vous les transmettez à votre partenaire et que le traitement se fait attendre, ces maladies peuvent avoir de sérieuses conséquences sur sa fécondité.

Anticorps contre les spermatozoïdes 

Il peut arriver que vous produisiez des anticorps contre vos propres spermatozoïdes. Les deux examens ci-dessous examinent si tel est le cas. Parfois, les deux sont nécessaires pour arriver à une réponse définitive.

Test MAR (Mixed Anti-globulin Reaction Test) 
Le test MAR est réalisé sur un échantillon de sperme comprenant suffisamment de spermatozoïdes mobiles. Il permet de vérifier si l'échantillon contient des substances poussant les spermatozoïdes à s'agglutiner et les rendant donc immobiles.
Son pendant est le test TAT qui lui est réalisé sur un échantillon de sang et qui est moins précis.

TAT (Tray-Agglutination test) 

Comme pour le test MAR, il est examiné si l'homme ne produit pas d'anticorps contre ses propres spermatozoïdes, mais cette fois-ci sur la base d'une analyse sanguine. Ce test est aussi utilisé chez les femmes (voir ce point également).
Cet examen est réalisé d'office chez l'homme lorsque ce dernier demande une réanastomose.
Dans 50% des cas, l'homme ne recouvre en effet pas de fécondité après une réanastomose (réussie). Cela est entre autres dû au corps qui peut avoir connaissance de tous ces spermatozoïdes produits qui ne sont pas expulsés naturellement. Dans une tentative de détruire ces cellules 'étrangères', les globules blancs se mettent à produire des anticorps.
Le test TAT n'est pas infaillible et ne s'exprime pas non plus spécifiquement sur la présence d'anticorps contre des spermatozoïdes. Il donne donc souvent des faux positifs : dans près de 30 % des cas, l'homme semble à nouveau fécond après une réanastomose même si le test TAT fournit un résultat positif.
C'est pourquoi, lorsque le test indique que l'homme produit des anticorps, il est préférable de faire une vérification par un test MAR qui lui est beaucoup plus précis.
Pour un premier screening, un test TAT est toutefois préférable car il ne révèle que peu de faux négatifs. Si le test TAT révèle que l'homme ne produit pas d'anticorps contre ses spermatozoïdes, c’est généralement le cas aussi. La réanastomose a alors plus de chances de réussir.

Echographie scrotale
Echographie rectale
Aspects pratiques

L'examen des véritables causes de l'infécondité ressemble parfois un peu à un puzzle: les médecins réunissent tous les résultats de l'analyse du sperme, de l'examen clinique, du profil hormonal... mais la solution n'est pas toujours évidente à trouver.
Les techniques d'imagerie médicale peuvent alors parfois aider à trouver la réponse.
Les deux examens présentés ci-dessous ne se déroulent pas au CRG mais au service Urologie de l’UZ Brussel.

Echographie scrotale 

Cet examen peut être indiqué chez les hommes dont le testicule est descendu trop tard.
Une sonde spéciale et des ultrasons offrent une visualisation des testicules, ce qui permet de détecter d'éventuelles scléroses ou autres anomalies.
Un duplex doppler peut également se faire par cet examen afin de détecter des varices.

Echographie transrectale 

Cet examen est parfois réalisé en cas d'azoospermie (pas de spermatozoïdes dans l'éjaculat). Il arrive que les résultats d'autres tests révèlent en effet un blocage au niveau de la prostate ou des vésicules séminales.
C'est le cas lorsque le profil hormonal est normal (l'azoospermie n'a donc pas d'origine hormonale) alors que l'analyse biochimique du sperme indique que le liquide séminal ne contient pas les nutriments qu'il reçoit normalement des vésicules séminales et de la prostate.
Une fine sonde est introduite dans le rectum via l'anus afin d'obtenir une image de la région de la prostate par réflexion d'ultrasons. Il peut ainsi apparaître que la prostate est sclérosée ou que les vésicules séminales sont absentes ou bouchées.

Aspects pratiques – Quoi, comment et où? 

  • Les examens sont réalisés au service Urologie de l’UZ Brussel.
  • Votre médecin du CRG vous référera à l’urologue.
  • Ayez avec vous votre carte d’identité électronique et la lettre de renvoi de votre médecin.
  • Vous pouvez alors vous inscrire a comptoir des inscriptions Consultations, UZ Brussel, entrée C, route 744.
  • Ensuite, à l’heure convenue, rendez-vous au service Urologie, entrée C, route 80.
    • soit sans anesthésie (pour l’échographie transrectale),
    • soit sous anesthésie locale (pour l’échographie scrotale).
  • Les deux examens ont lieu en ambulatoire, et
  • Les résultats de l’examen seront transmis à votre médecin du CRG, qui en discutera avec vous.

Un peu d’anatomie
Causes d’azoospermie
Biopsie testiculaire

Il arrive que les résultats de différents examens se contredisent. Une petite intervention chirurgicale est parfois le seul moyen de faire toute la clarté sur la cause d'un problème. Via la biopsie et l'aspiration testiculaires, les médecins tentent de déterminer avec exactitude la présence et la quantité de spermatozoïdes (sains) dans le testicule. C'est là qu'ils sont produits avant d'aller mûrir dans l'épididyme.

Un peu d'anatomie  

Les spermatozoïdes sont produits dans les tubes séminifères du testicule. Il s'agit de tubes en forme de fer à cheval, mesurant de 30 à 150 cm de long, comprenant deux types de cellules: les cellules séminales et les cellules nutritives (cellules de Sertoli).

Représentation schématique de la fabrique séminale
Les tubes séminifères garantissent donc la production de spermatozoïdes. Entre les tubes séminifères se trouvent aussi les cellules de Leydig qui, avec les deux autres types de cellules, produisent l'hormone masculine.
Chez un homme adulte, le testicule se compose pour 32 % de cellules séminales, pour 17 % de cellules de Sertoli et pour 3 % de cellules de Leydig. Le reste se compose de tissu conjonctif.
Les cellules de Sertoli remplissent différentes fonctions importantes tant dans la fabrication que dans la protection des spermatozoïdes. Elles sont tout d'abord liées entre elles en une couche hermétique, formant une barrière entre les tubes séminifères et les tissusenvironnants. Ceux-ci se composent de tissu nerveux, de vaisseaux lymphatiques et de vaisseaux sanguins. C'est surtout pour ces derniers qu'une gaine protectrice est absolument nécessaire. Les spermatozoïdes produits (dès la puberté) subissent un tel changement qu'ils sont finalement considérés comme des corps étrangers. La barrière sang-testicule empêche tout rejet par le corps.
Les cellules de Sertoli servent aussi de soutien, de protection et de nutriment aux spermatozoïdes qui se développent et produisent continuellement un liquide qui aide au transport des spermatozoïdes vers l'épididyme. Enfin, les cellules de Sertoli jouent encore un rôle hormonal : elles participent à la production de testostérone.

Causes d'azoospermie  

L'azoospermie est l'absence de spermatozoïdes dans l'éjaculat de l'homme. Le problème peut être une obstruction (sur le trajet des spermatozoïdes vers l'extérieur) mais peut aussi se trouver dans les testicules mêmes. Une biopsie testiculaire (voir plus loin) permet de déterminer ce qui se passe (ou pas) dans les tubes séminifères:
  • chez certains hommes, il n'y a pas de cellules germinales et les tubes séminifères se composent uniquement de cellules de Sertoli (Sertoli cell only syndrome);
  • chez d'autres, les cellules germinales vont s'arrêter au cours de leur développement: il y a arrêt de la maturation;
  • parfois, le processus de production est présent mais fournit peu de spermatozoïdes (hypospermatogenèse); et
  • enfin, le tissu testiculaire peut être endommagé par une infection ou un traumatisme (sclérose et atrophie).
Aucun spermatozoïde n'est donc trouvé dans l'échantillon de sperme (azoospermie).
Chez la moitié des hommes environ, des spermatozoïdes sont heureusement tout de même trouvés à la source (dans le testicule) car il peut y avoir des tubes normaux à côté de ceux qui sont abîmés ou vides.

Biopsie testiculaire  

Il s'agit d'un morceau de tissu testiculaire prélevé sous anesthésie locale ou générale et envoyé au pathologiste pour examen.
Le type d'anesthésie utilisé dépend de votre choix personnel mais aussi de facteurs médicaux. S'il est par ex. nécessaire de prélever plusieurs morceaux de tissu, il sera généralement opté pour une anesthésie générale.
Le test doit donc déterminer si le testicule contient (suffisamment) de tubes séminifères et si la production de spermatozoïdes s'y déroule normalement.

En cas d'azoospermie, l'examen permet donc de savoir avec certitude si l'absence de spermatozoïdes dans l'éjaculat est la conséquence
  • d'une erreur de production dans le testicule (cause testiculaire),
  • ou d'une obstruction en chemin (post-testiculaire). 
Dans le dernier cas, le morceau de tissu prélevé indique une spermatogenèse normale.

L'intervention n'est pas seulement réalisée à des fins de recherche: un autre morceau de tissu peut également permettre de prélever d'éventuels spermatozoïdes (voir TESE ) qui peuvent immédiatement être congelés pour une utilisation ultérieure dans un traitement de fécondité.
Chez environ la moitié des hommes ayant une production séminale anormale, des spermatozoïdes peuvent être récoltés du tissu car il subsiste souvent encore des tubes séminifères normaux. Il faut parfois prélever de nombreux morceaux avant de trouver l'aiguille dans la botte de foin.